Introduction
J’ai toujours rêvé de construire un bateau en bois, mais genre vraiment le rêve passionné quoi ! Puis j’ai vu qu’à Toulouse une asso fabriquait un drakkar en bois et je me suis dit que j’avais l’occasion en or de réaliser ce rêve. Sauf qu’ils ne m’ont jamais répondu… (peut être qu’ils manquent de financement pour avancer leur chantier). Bref l’idée à fait plouf mais la motivation est restée, alors je me suis mis à réfléchir à comment je pourrai éventuellement faire ça moi même. Puis j’ai eu des idées qui m'ont permis de répondre à mes plus grandes inquiétudes, notamment pour le cintrage du bois que je ne pourrai pas faire à la vapeur avec mes moyens limités. Un petit canot déjà, puis un montage à clin qui permet une bonne étanchéité mais aussi une rigidité qui j’espère me permette de se passer de membrures !
Voilà pour l’intro du projet, aujourd’hui le projet est arrivé presque à maturité et il y a énormément de choses que j’aimerai vous partager pour avoir un avis, donc je vais faire ça au fur et à mesure.
Définition de mes besoins
L’objectif de ce canot naviguant est de remplacer mon canoë gonflable décathlon en eau calme pour avoir une meilleure navigabilité, mais surtout plus de charme. Ce dernier point est la motivation principale du projet et j’y reviendrai par la suite.
Je présente vite fait ce canoë gonflable car c’est de lui que je tire mon expérience en navigation principalement. C’est un Itiwit 3, Il est plat et large de 1.1m, c’est donc plus un raft qu’un canoë à ce niveau, ça va très bien dans des gros rapide de rivière, mais sur lac en pagayant ça fait l’essuis glace en permanence et dès qu’il y a du clapot à remonter on perd la moitié de vitesse. Bref c’est une tanche en eau calme. Je lui ai bricolé un gréement à partir de ce qui a été utilisé pour un trip en Sardaigne auquel j’ai participé mais avec un meilleur bateau gonflable (un Gumotex Seawave). Sur mon bateau le kit n’est pas aussi efficace : impossible de remonter le vent (en tirant des bords au près, on dérive autant qu’on remonte), il faut un vent strictement compris entre 20 et 30km/h (trop faible on avance pas, trop fort le bateau plie), et accessoirement être 2 à bord.

Donc l'objectif est de faire un bateau plus charmant et mieux navigant que ce gonflable bricolé, pas trop dur à ce niveau. Mais c’est pas tout, voici l’ensemble de mes besoins :
- Un aspect authentique. Je dis bien à un aspect, car derrière les apparences tout sera fait au plus simple. J’ai donc opté dès le départ pour une construction en bois.
- Une bonne transportabilité. Si je veux pouvoir utiliser le canot, il faut rendre le transport le moins contraignant possible. Donc mon idée est de pouvoir transporter le bateau directement sur le toit de ma voiture sans barre de toit, et même si possible dans la voiture (c’est une Kangoo). Cette seule contrainte m’a donné les dimensions hors tout comme point de départ : 2.5m de long, 1.1m de large et 0.5 de haut. J’aurai pu abandonner l’idée de mettre le canot dans la voiture car je ne n’ai pas encore la garantie que ça soit possible, mais une longueur de 2.5m me semblait un bon choix pour s’adapter aux dimensions du commerce, notamment pour le chantier. En termes de poids, mon design actuel prévoit un masse d’environ 35kg, ce qui fait que le canot est encore transportable à dos d’homme et je compte ajouter des pièces pour aider un tel transport. Sinon je compte aussi faire un mini chariot pour déplacer facilement le canot le long d'une rampe de mise à l’eau par exemple.
- Pour une ou deux personnes à bord. Naviguer seul quand j'ai personne de disponible, mais aussi à deux parce que c’est plus fun quand même. Tout de suite se pose la question de si 2.5m de long suffit pour 2 personnes, ça parait franchement limite mais je tente ma chance. Avec la masse de la coque et quelques affaires en plus, il faut faire un design pour un déplacement de 200kg.
- Navigation à la pagaie double quand on est 2. Ce choix n’est pas anodin, au début je voulais faire comme sur les canots traditionnels, c'est-à-dire une personne utilisant des avirons et l’autre éventuellement à la barre, mais j’avais envie que les deux personnes partagent la même expérience, c’est à dire d’être tous deux dans le sens de la marche et faisant le même effort. Mon canoë gonflable fait la même largeur et on peut pagayer sans problème, mais certe le plat bord sera plus haut sur ce canot donc j’ai encore des doutes sur le confort du pagayage.
Un gréement démontable pour naviguer à la voile quand les conditions le permettent, juste parce que ça serait trop cool ! Mais cette contrainte rend le projet beaucoup plus ambitieux car il faut un puits de dérive, un mât et une voile, et un design de carène favorisant au max la stabilité en roulis.
Une construction la plus accessible possible, c'est-à-dire sans grand investissement et sans besoin de machines spécifiques. Cette contrainte a été le maître mot durant toute la phase de construction. C’est notamment la raison pour laquelle j’ai choisi dès le début une construction à clin, avec ça j’espère que la coque n’aura pas besoin de membrures et donc pas besoin de cintrer du bois ou de trouver du bois tors. Aussi le montage à clin rend l’étanchéité plus facile à réaliser, mais surtout plus authentique et plus classe. Pour le reste je compte me fournir essentiellement en magasin de bricolage, assemblage par vis à bois essentiellement (mais dont aucune tête de vis ne sera apparentes grâce à une peinture extérieure)
La conception
Voilà pour mes besoins, il m’a semblé évident qu’avec toutes ces contraintes il faudrait réaliser moi même la conception. Mais ça tombe bien car je suis un ingénieur en conception ! Et que j’ai codé une simulation d’océan qui me permet de vérifier la stabilité de la coque ! L'occasion parfaite d’ajouter une grosse dose de fun à ce projet.
Je ne vais pas revenir sur les itérations de design qui m’on conduit à ce résultat, si ça vous intéresse je vous invite à consulter ce forum où j’ai décrit toute ma démarche au moment où le projet se résumait encore à la réalisation d’une maquette démonstrative.
Voici la conception à l’heure actuelle. Elle subira peut-être quelques modifications résultant des tests sur la maquette que je suis en train de réaliser, mais les concepts principaux sont là.






La forme du canot peut paraître un peu surprenante avec l’arrière très large par rapport à l’avant. Cela vient de la position reculée des personnes à bord puisqu’elles sont toutes deux face à la marche (choix de la propulsion à pagaies double). Les formes des clins peuvent paraître aussi un peu bizarres mais c’est pour garantir que tous peuvent être coupés dans une planche de 150mm de large.
La tonture a été ajustée pour que la coque se pose proprement sur le toit de ma voiture.

Le design prévoit donc un gréement démontable. Celui-ci n'est pas encore entièrement définie mais en gros il y aura un mât de 3m en alu non haubané avec une quête prononcé de 15° et une voile bermudienne de 2.4m² (j’espère que ça suffira à faire avancer 2 personnes dans une coque si petite, mais le choix vient d’un besoin d’un max de stabilité), il y aura une écoutes de chaque côté de la personne arrière. Il y a une dérive démontable de l’intérieur et un safran qui sera piloté soit par un palonnier ou d’une barre pour un usage solo. Je n’ai pour le moment pas trop le moyen de vérifier l’équilibre sous voile (est-ce que le canot est plutôt ardent ou mou), mais je prévois de pouvoir changer la quête du mât en laissant une place au pied de mat. Autrement il suffira de se pencher en avant ou en arrière pour déplacer les centre vélique et de dérive.

Quelques vues avec des mannequins pour mieux se rendre compte de la (petite) échelle du canot.




Dans le cas d’un usage solo sans voile, il faudra des avirons et je n’ai pas encore définie comment faire les tolets puisque rien ne doit dépasser du plat bord (pour pouvoir poser le canot sur le toit de ma voiture). Tolets démontables ou réalisation d’une encoche à même le dernier clin ? Je verrai plus tard.
La simulation que j’ai faite pour voir la stabilité de la coque, plutôt bonne je trouve mais j’attends de voir avec la maquette.
Je suis en train de réaliser une maquette à l’échelle 1/10° pour voir si la conception est bonne : justesse des patrons des clins (c’est plutôt bon), test sur le concept du chantier, etc. Puis quand elle sera terminée je la ferai flotter dans une baignoire afin de m’assurer de la bonne stabilité et autres comportement sur l’eau. La maquette me permettra ainsi de limiter pas mal de risques.

Voilà il y a plein de choses que j’aimerai vous partager, mais chaque chose en son temps (les plus curieux peuvent prendre de l’avance en lisant les posts que j’ai écrit sur le forum de modélisme). Je ferai une explication détaillée de comment je compte exactement construire le canot plus tard, mais aujourd’hui j’aimerai avancer sur la faisabilité de mon projet, et pour ça j’aimerai valider le choix des matériaux.
Les matériaux
Là j’ai vraiment beaucoup d'interrogations sur le choix des matériaux. Les rendus CAO permettent de voir les différent bois et grossièrement leur orientation, On a donc :
- Tablette de chêne de 20mm pour l’étrave (doublée), la dérive et le safran, c’est du bois sec.
- Tasseau de chêne de 40x40 pour la quille, (bois sec)
- Voliges 150x14 pour les clins et les goussets, c’est du bois de charpente traité contre les insectes uniquement et stocké dehors donc mouillé.
- Tablette de pin de 18mm pour les bancs, l’aileron, le puits de dérive et le pontage avant.

Ces choix ont été fait pour optimiser les achats de matériaux, ici une liste de course à Leroy Merlin mais je vais peut être opter pour une scierie (https://www.armengol.fr/) proche de chez moi qui ont l'air d'avoir des prix plus compétitif (mais pas de catalogue !)

Niveau protection, l’extérieur sera entièrement peint, mais j’aimerai garder l’intérieur couleur bois naturel pour l’effet authentique, donc un vernissage mais je ne sais pas lequel encore.
Pour l’assemblage ça sera essentiellement par vis à bois, et des tourillons là où c'est nécessaire ou pour éviter de laisser une tête de vis apparente.
Pour l'étanchéité, je compte mettre un cordon de silicone entre les surfaces d’assemblages susceptible de faire passer de l’eau, ce cordon sera de plus pressé par les vis d’assemblage.
Niveau exposition, le canot sera utilisé de temps en temps à la journée en lac, mais si possible j’aimerai vraiment pouvoir faire un périple en mer avec bivouac (mais ça change la donne concernant la durabilité du canot). Même si le bateau sera parfaitement étanche, je sais par expérience que de l’eau mouillera l'intérieur et stagnera par endroit. Sinon il sera probablement stocké à l’extérieur le reste du temps
Alors qu’en pensez vous ? Moi je suis inquiet d’utiliser en même temps du bois mouillé et du bois sec, mais je ne sais pas lequel se comportera le mieux à l’usage. Quels sont les risques que le bois sec se mouille ? Est-ce qu’une peinture et un vernissage suffiront à limiter les risques ?
Voilà j’attends vos retours !






