Que penses-tu du bois scié pour cet usage ?
Bon, j'arrive peut-être comme la grêle après la moisson, si tu décides de construire en CP à bouchains vifs...
Mais, à tout hasard...
Robinier et mélèze n'ont pas du tout la même densité. En épaisseur, tu auras toujours une limite inférieure en-deçà de laquelle tes lattes vont exploser dans la raboteuse. En dessous de 4mm pour le robinier, je n'essaierais pas... Par contre, le mélèze à 3mm, ça doit pouvoir le faire, en faisant les dernières passes à 2 ou 3 dixièmes de mm, avec des fers bien d'affût.
Le système proposé par Alien (déligner à la scie à ruban et calibrer l'épaisseur à la ponceuse large bande), ça marche, mais :
1 - faut pas être pressé,
2 - tu auras obligatoirement quelques défauts de forme,
3 - avis à tous les bateauboisiens : il y a intérêt à acheter des actions chez Norton, parce que tu vas bouffer des bandes en pagaille...
Si tu restes sur l'idée de lattes de l'ordre de 5cm de large, le mieux, c'est la scie circulaire, et, encore mieux, la scie à format (grosse scie circulaire dont la table à gauche de la lame est en fait un charriot roulant sur des galets bien parallèlement à la lame, et au ras de celle-ci). Là, tu peux descendre à 3mm (même, encore en-dessous), en t'appuyant comme il faut sur le guide parallèle (compte tes doigts lors des dernières passes...). Les stries laissées par la lame sont excellentes pour améliorer la qualité du collage : donc, ne surtout pas poncer dans ce cas !
Personnellement, je ferais la coque tout en mélèze, et réserverais le robinier pour autre chose (comme des membrures, par exemple). J'y gagnerais largement en poids, sans dégrader la solidité.
Au sujet de l'écartement des lisses en fonction de l'épaisseur des lattes, la valeur proposée par Alien est certainement correcte. J'aurais plus facilement dit 5mm pour 100mm... mais je suis pessimiste dans l'âme... Cependant, ça dépend encore une fois du bois : avec du robinier, ce sera limite (trop nerveux, il risque de n'être pas parfaitement plat au repos, et donc de mal prendre la forme), avec du mélèze, ce sera parfait. Par ailleurs, paradoxalement, plus la courbure est prononcée, plus on peut écarter les lisses, et plus la surface est plane, plus il faut rapprocher les lisses. En effet, la courbure crée des efforts internes dans le bois, efforts qui auront tous la même direction, et qui "tendront" les fibres, dans la limite de leur élasticité. Si ces efforts n'existent pas, comme dans le cas des surfaces planes ou proches de la planéité, le bois est beaucoup plus libre, et il y a risque de voir des ondulations paraître, d'une lisse à l'autre. Ondulations qui se traduiront par un défaut rédhibitoire de collage, avec des poches d'air, et tout et tout...
Bon courage !...
Voire, mais nous eûmes soif !...