Salut du grincheux de service
Beau travail !
Mais quel gâchis
Un plateau entier de pin d'Orégon pour en utiliser à peine le tiers.
Pourquoi du pin d'Orégon? Rare, cher et peu adapté.
Pourquoi du Sappelli ? Pour faire joli, bicolore et vernis ?
Pas très adapté à un canot "breton'.
Avez vous une idée du prix de revient en matière première ?
Comparez avec celui de deux madriers en sapin du Nord.
[radotage on]
Quand j'étais très jeune (

) on fabriquait les avirons deux ou trois fois par an.
C'était des séries de 25 paires. Il fallait deux jours.
Première étape : on traçait sur des plateaux d'épicéa de 54mm le contour avec un gabarit issu de la nuit des temps.
En les plaçant tête bêche la perte de bois était réduite. On évitait les rares nœuds.
Débit à la scie à ruban.
Deuxième étape : dégauchissage et rabotage en évitant de prendre trop de bois.
Troisième étape : profilage du contour à la toupie sur un gabarit séculaire ( pas de guide à bille, le gabarit appuie sur l'arbre de 50mm et le "bouffe tout" a un diamètre d'au moins 125mm)
Quatrième étape : quatre arrondis à la toupie sur les manches. A l'arbre et à main levée .
Cinquième étape : taillage des pelles à la dégauchisseuse avec un gabarit et beaucoup d'appréciation visuelle.
Sixième étape : finition à l'établi avec trois rabots. Un rabot cintrable pour les parties concaves. Un rabot réglé pour prendre des gros copeaux. Le dernier pour les finitions .
Les ultimes finitions : ponçage, ferrage, vernissage ou peinture étaient réalisées à la finition du bateau.
Pour 25 paires : deux jours à deux (c'était des journées de 9H)
Il y avait quelques loupés mais pas beaucoup. Le travail à l'arbre demandait beaucoup de concentration et d'expérience.
Le patron n'avait aucune idée des prix (c'était sa femme qui s'en occupait) mais fallait pas gâcher de bois ni perdre de temps.
[radotage off]