Je dirais même que les positions inconfortables viennent toujours de l'endroit (mal) choisi.
J'ai été propriétaire de nombreux bateaux de toutes sortes et j'ai à peu près tout expérimenté dans ce domaine...
En particulier j'ai eu un Filo pendant 8 ans.
Un excellent biquille performant sur plan Pierre Rolland, construit en cp époxy et que l'on voit ici à sa mise à l'eau dans le port de Rochefort. On voit qu'il n'avait alors ni balcons ni filières car je n'avais pas encore posé l'accastillage, ce qui fut fait dans la semaine qui a suivi.
En 8 ans de navigations en Atlantique et Manche, jamais je n'ai eu de problème d'échouage mais aussi, jamais je ne me suis mis dans la position d'en avoir... Une connaissance parfaite de l'état des fonds est indispensable et un sondeur graphique même de premier prix donne ces renseignements.Toujours choisir un mouillage très abrité et avoir une parfaite couverture météo. Je n'échoue qu'en croisière ou pour caréner (quand c'était autorisé) ou vérifier la carène.
Ce qui parfois est assez compliqué, et c'est sans doute pour moi le gros bémol de ce type d'appendice, c'est l'amarrage à quai dans les ports à marées. On est obligé le plus souvent de trouver d'autres solutions. Si d'autres bateaux qui évidemment ne seront pas des biquilles, viennent de nuit se mettre à couple, je ne vous dis pas l'angoisse. Je raconterai d'ailleurs à l'occasion une anecdote malheureuse arrivée à un ami.
Je réfute le soupçon de fragilité qu'évoque Padélis. Sur le Filo, les quilles sont des lames d'acier qui entrent dans des puits de quille où elles sont boulonnées. C'est d'une rigidité à toute épreuve mais ça prend la place de deux coffres. Un sous la table à carte et un sous la cuisine.
Que ça revienne plus cher, sans doute...
Quant au gain en tirant d'eau, ce n'est pas qu'il n'est pas flagrant, c'est tout simplement qu'il est nul. Mais ce n'est pas du tout l'effet recherché. Si on veut un bateau qui marche au près, il faut du tirant d'eau d'une façon ou d'une autre, il n'y a pas de secret.

