@Alien : Pour le mot "
scow", il offre quand même un gros avantage : celui d’être un terme neutre et générique pour désigner des bateaux plats et rectangulaires. En français,
chaland nous fait tous penser aux embarcations ostréicoles, le plus souvent en alu, et présentant en général une architecture assez simpliste. Les autres noms : toue, fûtreau, goume, blin, gabare ou a[censuré], etc etc font tous référence à des traditions locales très typées.
La "toue" de David Raison, ça colle pas trop, je trouve, et il doit avoir son bac depuis longtemps, cet homme là …
Dans nos mails privés, on parle le plus souvent de
baquet, de
cageot, de
caisse à savon, de
baignoire, de
tank (il y a même eu une histoire de
tonne à lisier avec Yann, et avec les correspondants anglophones, c’est souvent de
dumpster qu’il est question), mais comme on ne veut pas déprécier nos projets aux yeux des zautres, on emploie l’
autre mot en public…
En plus, ce mot là n’a sûrement pas le même champ sémantique pour nous que pour les américains, alors on se l’approprie en le déformant, et toc !
Pour le batia de Djo (méfie toi, il se pourrait bien qu’il connaisse les plates du marais poitevin mieux que toi), je ne suis pas sur que du châgne de 3 cm d’épaisseur convienne à son projet : imagine le poids ! Or poids différent => lignes différentes …
Sans compter que le chêne de cercueil, c’est pas donné.
En plus, ces bateaux étaient conçus pour rester dans l’eau (et même souvent remplis de -), pas pour être ramenés à la maison après une sortie dominicale.
Le chêne, c’est bien, mais ça s’ouvre comme un livre, disait mon pêchou de Gruissan. Même les pinasses, ça baille assez vite. Et le coaltar, ça tache, ça pue et c’est cancérigène : pas bon pour la paix des ménages, et je ferais pas dormir de petits mômes là dedans.
Pour finir, LE matériau local de Normandie ou de la vallée de la Charente, maintenant et depuis près d’un siècle, c’est le peuplier ou le pin déroulé : ils font encore d’assez bons contreplaqués dans mon coin (j’ai bien l’intention de
tester autre chose que l’okoumé, qui est un bois aux caractéristiques mécaniques assez médiocres, en dehors de son aptitude à donner des feuilles sans fissures). Bon, c’est sur : ça n’a pas le même grain que du vieux chêne …
Mais ce matériau présente en outre un gros avantage, celui de pouvoir être vrillé (tréviré ?) pour donner autre chose que des surfaces planes et des sections droites (Cf les plans Harlé, ou actuellement les Swallowboats, les Core Sound, ou les créations de Chris Waite). Aptitude dont tu n’as pas tiré profit pour ta plate (pas typique de cheu nous par ailleurs) du concours Duckworks. C’est peut être pour ça qu’elle leur a plu : ses proportions sont harmonieuses, ses courbes élégantes, mais avec ses sections à 5 pans et angles constants, elle me fait furieusement penser aux créations d’un gourou local, mais siii, ah … un nom à consonance polonaise... ça va me revenir...
C’est peut-être toi qui l’as inspiré ?…
Éric