j'ai été trop bref dans mes explications, elles ne concernent que les gréements marconis.
Il est bien sûr possible de gréer un foc sans barres de flèches, ce qui compte ce sont les angles entre les haubans, l'étai et le mât. À moins de calculs assez complexes, il ne faut descendre en dessous de certaines valeurs, surtout que l'allongement des câbles n'est pas négligeable: 0,15 % en moyenne pour du monotoron, soit 12 mm sur un étai de 8 m.
Sur un gréement aurique, une bonne partie de la tension de l'étai est reprise par la tension de l'écoute par le biais de la drisse de pic, il est d'ailleurs très dur de border plat avec du vent dans les voiles.
Pour un haubannage en câble, il ne faut donc pas descendre en dessous de 18° (20° est mieux) et 13° pour les haubans, avec un mât en bois, on préfère le plus souvent rester en deça de ces angles.
Dans le cas de ton Jollenkreuzer, on est déjà dans des valeurs limites, cela est possible parce que l'étai ne s'allonge pas, possède une rigidité propre, indépendante de la tension des haubans et n'ajoute pratiquement pas de traction supplémentaire au niveau du capelage des haubans. Dans ce cas, les haubans ne sont là que pour tenir le mât, on peut considérer que la charge dans le gréement est répartie, comme dans le cas d'un guignol, l'angle mât-hauban peut descendre à 11°.
Si on se passe de cet étai rigide, la charge de la tension de l'étai devient très forte et concentrée il faut que les haubans aient un angle important pour ne pas aggraver les choses au niveau de la compression et surtout du flambage, les barres de flèches deviennent indispensables... Ce ne serait qu'un détail sur un mât en alu mais sur un mât en bois il faut ajouter un rempli à leur capelage, ce qui est un joli travail...
C'est évidemment la meilleure solution pour un bateau de mer, si elle n'a pas été utilisée sur ton Jollenkreuzer c'est que ces bateaux naviguaient en eau plate, le surcroît de tangage que cela engendre était largement compensé par la diminution du fardage, la facilité de rouler le foc en lui gardant une forme convenable (contrairement aux enrouleurs modernes) et la simplicité du gréement dormant.
On pourrait peut-être se passer de bas-haubans, ce qui dispenserait de bas-haubans et de rempli au niveau du capelage si les parois du mât sont assez épaisses mais cela nécessite des essais en navigation: intercaler une barre entre le mât et le hauban et voir ce qui se passe au niveau du ventre que le mât ne manquera pas de faire... ATTENTION! le bout de la barre doit être bien profilé pour ne pas passer à travers le mât!

le moteur, tu le gardes, c'est une sécurité. Mais l'hélice, tu la vires, ça freine trop!