Bonjour,
Je suis nouveau et je me décide à demander conseil car j'ai peur de faire des anneries sur mon canot. Je restaure un petit canot breton ( annexe de sardinier) de 3,60 m de long. Ar Men Gwenn a 55 ans, et necessite un changement de toutes les membrures ployées, quelques bordés, le tableau arrière, estain, préceintes et lisses.
J'ai approvisionné les lattes d'acacia de section 40 par 20 mm et ai nettoyé les fonds ( brai) pour repositionner peu à peu toutes les membrures. Je découvrirai d'autres problèmes plus tard mais pour le moment, je me pose une question précise. Le canot a séché quelque peu ( sortie de l'eau fin aout) et les coutures se sont ouvertes, c'est normal. Par contre si je met en place les membrures étuvées sur le bordé sec, lorsque les bordés vont regonfler à la mise à l'eau, que va t il se passer lorqu'elles vont voir leur largeur augmenter, alors que 3 vis les maintiennent sur la membrure et les contraignent dans la largeur ? arrachage des vis ? détérioration du bois? suivant leur emplacement, les bordés font entre 10 et 6 cm de large. Y a t il un tour de main pour permettre de régler ce problème ? L'idéal, je le sais, serait de faire tremper mon canot 2 ou 3 jours avant la pose de chaque membrure, mais c'est impossible.
Merci de votre aide
Cordialement
Stefan
Membrures neuves sur bordé sec
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- wedell
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Bonsoir
La mise au sec ne date que d'un mois alors le sechage n'est surement pas catastrophique. Si ça se gâte pendant l'hiver, on peut toujours mettre des vieux sacs de jute ou des vieilles couvertures dans la coque et les imbiber d'eau de mer.
Pas de soucis pour le gonflement du bois,les bois les plus durs se "prêtent" et là, je suppose que c'est un bordage en resineux mais il faut veiller à ne pas calfater trop dur avant la mise à l'eau sinon il y a un réel risque de déformation.
La mise au sec ne date que d'un mois alors le sechage n'est surement pas catastrophique. Si ça se gâte pendant l'hiver, on peut toujours mettre des vieux sacs de jute ou des vieilles couvertures dans la coque et les imbiber d'eau de mer.
Pas de soucis pour le gonflement du bois,les bois les plus durs se "prêtent" et là, je suppose que c'est un bordage en resineux mais il faut veiller à ne pas calfater trop dur avant la mise à l'eau sinon il y a un réel risque de déformation.
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stefan
- Pilotin

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Symétrie de coque
Effectivement, le séchage n'est pas encore trop dramatique, je m'en arrangerai avec une humidifaction artificielle de la coque.
Par contre, le weekend dernier, première satisfaction et première désilusion. Après un essai raté, la 2ème membrure ployée a bien voulue se mettre en place sans casser. Et après fixation, ce qui n'apparaissait pas encore, m'a frappé: la coque n'est pas symétrique. Le canot était effectivement resté longtemps à l'échouage sur la grève et s'est déformée sur le coté ou elle prenait appui. Il faut donc que j'enlève ma membrure et que je retablisse la symétrie tant que possible.
J'ai mon idée sur le sujet, mais est ce quelqu'un aurait un tuyau pour remettre la coque d'aplomb ou saurait me conseiller pour cette opération ?
La déformation a eu lieu sur le bouchain ( pas un bouchain vif, c'est une coque en forme) qui s'est amplement arrondi par rapport à l'autre bord ou il est plus marqué.
Merci
Stefan
Par contre, le weekend dernier, première satisfaction et première désilusion. Après un essai raté, la 2ème membrure ployée a bien voulue se mettre en place sans casser. Et après fixation, ce qui n'apparaissait pas encore, m'a frappé: la coque n'est pas symétrique. Le canot était effectivement resté longtemps à l'échouage sur la grève et s'est déformée sur le coté ou elle prenait appui. Il faut donc que j'enlève ma membrure et que je retablisse la symétrie tant que possible.
J'ai mon idée sur le sujet, mais est ce quelqu'un aurait un tuyau pour remettre la coque d'aplomb ou saurait me conseiller pour cette opération ?
La déformation a eu lieu sur le bouchain ( pas un bouchain vif, c'est une coque en forme) qui s'est amplement arrondi par rapport à l'autre bord ou il est plus marqué.
Merci
Stefan
- wedell
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Bon. C'est ce que je disais ailleurs dans un autre sujet du forum (clous ou vis?), il faut commencer par rigidifier la coque.
On bat une ligne au cordeau sur le sol de l'atelier. On cale la quille sur cet axe et on aligne l'étrave et l'étambot sur cette ligne au fil à plomb. Si on y arrive, c'est que la charpente axiale est indemne.
Tant qu'on y est,on met le bateau dans ses lignes pour que les membrures soient dans un plan vertical à l'aide d'une règle posée transversalement au dessus des têtes d'une membrure et d'un fil à plomb qui doit tomber sur le pied de celle-ci. Ne pas se soucier du plan de flottaison qui n'est pas necessairement perpendiculaire aux membrures.
il faut alors immobiliser la quille d'abord. Tretaux, cales ,coins, pointes, spits, tout est bon si c'est solide. Puis l'étrave et l'étambot à l'aide d'étais au plafond si il y en a un, sinon au sol, ce qui est moins bon surtout si le canot est lèger.
Après quoi on va pouvoir mesurer l'ampleur des dégâts. Un solide cordeau est tendu à mort entre l'étrave et l'étambot, bien dans l'axe. Avec un feutre et un fil à plomb, on marque sur celui-ci la verticale de chaque membrure. De ces points, on mesure les distances du livet de pont, d'un point au dessus du bouchain, d'un autre juste au bouchain et d'un quatrieme à mi-distance des fonds. Les résultats sont notés à la craie à l'endroit même de la mesure, à babord et à tribord.
Inutile de prendre des mesures aux extremités,les cinq ou six membrures centrales suffisent.
En comparant les dimensions de chaque bord pour une même membrure,on peut calculer une cote moyenne pour chacun des points déterminés. Ces cotes serviront de base au tracé des couples gabarits.
Celà dit, il ne faut pas être trop pointilleux sur la symetrie. Ce genre de petit canot de service était construit à nombreux exemplaires et generalement assez vite faits. Pour peu qu'il ait reellement servi à la pêche, des deformations de quelques centimètres sont presque la règle.Et tout particulierement ceux construits sur membrures plates comme le vôtre si j'en crois les dimensions des membrures que vous donnez, qui sont plutôt des constructions sablaises ou vendeennes que bretonnes, d'ailleurs,d'après ce que j'en sais.
Bon courage.
On bat une ligne au cordeau sur le sol de l'atelier. On cale la quille sur cet axe et on aligne l'étrave et l'étambot sur cette ligne au fil à plomb. Si on y arrive, c'est que la charpente axiale est indemne.
Tant qu'on y est,on met le bateau dans ses lignes pour que les membrures soient dans un plan vertical à l'aide d'une règle posée transversalement au dessus des têtes d'une membrure et d'un fil à plomb qui doit tomber sur le pied de celle-ci. Ne pas se soucier du plan de flottaison qui n'est pas necessairement perpendiculaire aux membrures.
il faut alors immobiliser la quille d'abord. Tretaux, cales ,coins, pointes, spits, tout est bon si c'est solide. Puis l'étrave et l'étambot à l'aide d'étais au plafond si il y en a un, sinon au sol, ce qui est moins bon surtout si le canot est lèger.
Après quoi on va pouvoir mesurer l'ampleur des dégâts. Un solide cordeau est tendu à mort entre l'étrave et l'étambot, bien dans l'axe. Avec un feutre et un fil à plomb, on marque sur celui-ci la verticale de chaque membrure. De ces points, on mesure les distances du livet de pont, d'un point au dessus du bouchain, d'un autre juste au bouchain et d'un quatrieme à mi-distance des fonds. Les résultats sont notés à la craie à l'endroit même de la mesure, à babord et à tribord.
Inutile de prendre des mesures aux extremités,les cinq ou six membrures centrales suffisent.
En comparant les dimensions de chaque bord pour une même membrure,on peut calculer une cote moyenne pour chacun des points déterminés. Ces cotes serviront de base au tracé des couples gabarits.
Celà dit, il ne faut pas être trop pointilleux sur la symetrie. Ce genre de petit canot de service était construit à nombreux exemplaires et generalement assez vite faits. Pour peu qu'il ait reellement servi à la pêche, des deformations de quelques centimètres sont presque la règle.Et tout particulierement ceux construits sur membrures plates comme le vôtre si j'en crois les dimensions des membrures que vous donnez, qui sont plutôt des constructions sablaises ou vendeennes que bretonnes, d'ailleurs,d'après ce que j'en sais.
Bon courage.
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stefan
- Pilotin

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Bonjour,
Merci pour la réponse fort bien détaillée. Les mesures ne me font pas trop peur, c'est plutot la remise dans les formes. Il est clair que je ne cherche pas une symétrie absolue. Les petits défauts de ces vieilles barques en font tout le charme.
Par contre une fois les mesures prises, vous confirmez qu'il faut prendre une moyenne des cotes babord et tribord et tenter de faire rentrer les 2 cotés dans cette moyenne ? J'avais plus en tête de prendre le profil le moins déformé comme gabarit et de faire reprendre la forme à l'autre coté. Quel est selon vous la meilleure méthode ?
Par contre comment effectue on la remise dans les formes ? J'ai une solution que je soumet pour commentaires. Traçage sur fort gabarit de 2 ou 3 couples médians. Chaque gabarit sera renforcé de part et d'autre par l'ajout d'une sorte d'estaing pour avoir une surface d'appui plus large ( j'ai pas réfléchi, mais je pense que 3 cm d'épaisseur suffiront). Puis mise en place au cordeau des gabarits pour aligner les verticales sur la quille et serrage à la sangle à cliquet des bordés sur la forme. En humidifiant les bordés, cela reprendrait probablement la forme voulue. Verrouillage du tout en posant les membrures acacia.
Qu'est ce que vous en pensez ?
J'aurai aimé poster une photo pour montrer la forme de la coque, mais je ne sais pas si c'est possible dans ce forum.
Merci de l'aide précieuse
Merci pour la réponse fort bien détaillée. Les mesures ne me font pas trop peur, c'est plutot la remise dans les formes. Il est clair que je ne cherche pas une symétrie absolue. Les petits défauts de ces vieilles barques en font tout le charme.
Par contre une fois les mesures prises, vous confirmez qu'il faut prendre une moyenne des cotes babord et tribord et tenter de faire rentrer les 2 cotés dans cette moyenne ? J'avais plus en tête de prendre le profil le moins déformé comme gabarit et de faire reprendre la forme à l'autre coté. Quel est selon vous la meilleure méthode ?
Par contre comment effectue on la remise dans les formes ? J'ai une solution que je soumet pour commentaires. Traçage sur fort gabarit de 2 ou 3 couples médians. Chaque gabarit sera renforcé de part et d'autre par l'ajout d'une sorte d'estaing pour avoir une surface d'appui plus large ( j'ai pas réfléchi, mais je pense que 3 cm d'épaisseur suffiront). Puis mise en place au cordeau des gabarits pour aligner les verticales sur la quille et serrage à la sangle à cliquet des bordés sur la forme. En humidifiant les bordés, cela reprendrait probablement la forme voulue. Verrouillage du tout en posant les membrures acacia.
Qu'est ce que vous en pensez ?
J'aurai aimé poster une photo pour montrer la forme de la coque, mais je ne sais pas si c'est possible dans ce forum.
Merci de l'aide précieuse
- wedell
- Contre-Amiral
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Oui, je confirme pour la moyenne. La raison à cela est que la coque ne s'est pas déformée sans raison: membrures plus faibles d'un bord que de l'autre, ajustage des bordés, faiblesse dans le bois, etc.. La forme originelle est perdue à jamais et il est illusoire, voire risqué d'essayer de la retrouver. En tentant de reduire la déformation et non de la supprimer, les risques sont moindres.
Lors de la phase de redressage,le point à surveiller est l'horizontalité du plan transversal et sa symetrie: L'ensemble quille étrave étambot étant dans le plan vertical et solidement maintenus, une règle posée en travers au maître bau doit être horizontale et la coque symetrique par rapport au cordeau. Ce sont les deux axes qu'il faut avant tout respecter. Pour cela: barres d'écartement et flèches pour le longitudinal, cric et/ou sacs de sable pour le transversal.
Pour les couples gabarits et la pose des membrures, je vous en ai déjà parlé dans l'autre sujet du forum: clous ou vis, inox ou galva. A mon sens, il vaut mieux utiliser des planches de coffrage pour les couples: elles font 35mm d'épaisseur, on peut visser dans la tranche sans problème, elles ne sont pas chères et quand on a fini, on peut encore se chauffer avec!
A plus tard
Les photos, ça doit être l'avant dernière case (img) en haut à gauche.
Lors de la phase de redressage,le point à surveiller est l'horizontalité du plan transversal et sa symetrie: L'ensemble quille étrave étambot étant dans le plan vertical et solidement maintenus, une règle posée en travers au maître bau doit être horizontale et la coque symetrique par rapport au cordeau. Ce sont les deux axes qu'il faut avant tout respecter. Pour cela: barres d'écartement et flèches pour le longitudinal, cric et/ou sacs de sable pour le transversal.
Pour les couples gabarits et la pose des membrures, je vous en ai déjà parlé dans l'autre sujet du forum: clous ou vis, inox ou galva. A mon sens, il vaut mieux utiliser des planches de coffrage pour les couples: elles font 35mm d'épaisseur, on peut visser dans la tranche sans problème, elles ne sont pas chères et quand on a fini, on peut encore se chauffer avec!
A plus tard
Les photos, ça doit être l'avant dernière case (img) en haut à gauche.