le chantier de rénovation prend une tournure particulière puisqu'il me faut décider de l'essence des bois pour : serre, bordé, barrots
Je sors de chez un fournisseur. Y a de tout, des plots bruts à l'avivé en passant par les chutes et les déclassés.
la serre : sipo ; Sapelli ; pin d'orégon ; pin caroline ; red cedar.
bordé : sipo ; iroko.
barrots : sipo ; iroko ;
C'est aussi une question de prix. Je viens de louper un lot d'au moins 6 planches de SIPO en déclassé, longueur environ 4000 épaisseur 31 pour 50 roros. Ça aurait été bien pour les petites pièces
Faire son choix :
Sapelli : parfois du contre fil rendant difficile l'usinage
Sipo : RAS
Iroko : l'usinage émousserait les outils rapidement
pin d'orégon, pin caroline, red cedar : ras
Il existe toutes les dimensions et dans les chutes et déclassés je dois pouvoir trouver mon bonheur mais...
Pour le bordé, est-ce que je peux faire une sorte de strip-planking avec du SIPO car les morceaux font 34*45 ? Peut-être plus facile à mettre en oeuvre en limitant le brochetage.
Débit : à priori, plutôt débité sur dosse pour le pin de caroline quoi que l'on atteigne le coeur donc ce serait plutôt du faux quartier. Pour les autres essences, j'ai pas regardé. Est-ce que je dois m'attacher à trouver des planches débitées sur quartier ou faux-quartier ?
Merci de vos éclaircissements.
François
Et j'oubliais. Pour les membrures, même si certains préconisent de changer celles qui sont cassées, Paul AUBIN m'a suggéré de les faire en lamellé collé, en acacia ou même en chêne.
Comme j'ai du chêne relativement peu sec, est-ce que vous pensez que je peux faire mes doublages maintenant avec ce bois peu sec ?
La vraie question est: En quel bois sont faits les pièces que tu remplaces?
Résineux, exotique ou bois pays?
Si ta serre est en résineux, ce qui doit être le cas, il faut la remplacer par le même métal.
Et les bordés sont très probablement en acajou. Sapelli, Sipo, et même Niangon à la rigueur si il est correct. Tout ça se trouve en grande voire très grande longueur.
Surtout à Nantes et StNazaire, c'est là qu'arrivent les billes.
En tout cas, je te déconseille les lots qu'on trouve chez les scieurs à pas cher. C'est jamais la bonne cote, toujours trop court et si ça a été mis de côté, c'est probablement qu'il y a un loup. Roulure, épaisseur irrégulière, pas dans le fil, etc.
Et pas d'originalité non plus. Tu peux faire une serre en Ipé si tu veux mais quand tu la mettras en place, c'est probablement le bateau qui viendra. Donc, évites.
Tous les bois sont à présent débités sur dosse. Le rendement, le rendement. Ca n'a pas d'importance pour les exotiques, mais ça en a pour les résineux et les feuillus de chez nous. Choisir des plateaux près du coeur de la bille ou, sur les avivés, regarder au bout si les cernes sont à peu près parallèles au petit côté.
A mon avis, tu peux faire ta serre en pin des Carolines (connais pas mais c'est probablement un douglas), tes bordés en sipo ou Sapelli et tes barrots, en Iroko si tu y tiens mais pourquoi pas en chêne ou en Acacia?
Le bois, c'est comme du contreplaqué massif en plus beau.
bordé et serre et barrots sont actuellement en acajou. Je vais viser le sapelli pour les bordés et pour la serre, peut-être pin de caroline. Ça va aussi dépendre des prix.
J'ai aussi des renforts de membrures à faire ou carrément changement. Actuellement elles sont acacia. Il me reste du frène de mon tiknot et je vais les refaire avec.
Pour l'instant, essai en lames de 6mm en chêne. Ça passe entre la serre bauquière et la serre de bouchain, pile poil. Restera à mettre en forme correctement avec un moule.
Je suis tout nouveau sur ce forum... Mais, en tant qu'ébéniste de formation, je vois deux bricoles qui m'interpellent :
- Le frêne, malgré qu'il soit un bois mi-dur (comme le chêne ou le sipo, par exemple), est et reste un "bois d'eau" (= qui pousse naturellement au bord de l'eau), tout comme les bois tendres : peuplier, aulne (appelé aussi vergne en certaines régions), saule, etc. A ce titre, il est à proscrire pour toute réalisation et construction liée directement à l'eau, car alors il pourrit très vite. On ne l'utilise d'ailleurs jamais en menuiserie extérieure, mais exclusivement intérieure : parquets, escaliers, mobilier... Il était, malgré tout, utilisé autrefois en charronnage pour les rayons des roues et les lames de suspension (à masse égale, son élasticité est supérieure à celle de l'acacia), mais il était bien spécifié qu'il était recommandé d'éviter de sortir la charrette par mauvais temps, et qu'il fallait sécher soigneusement toute pièce entrée en contact de l'eau, et positionner les assemblages pour que l'écoulement puisse se faire... C'est dommage, j'en conviens, car c'est un bois magnifique et très agréable à travailler. Mais, personnellement, je ne m'amuserais même pas à l'utiliser pour les aménagements intérieurs du bateau où la condensation est omniprésente... (Et le vernis ne fait pas tout...)
- Avant d'acheter du bois, il faut se renseigner sur le type de séchage que le bois a subi. Le meilleur séchage est le séchage naturel à l'air libre (compter environ un an de séchage par centimètre d'épaisseur), le pire étant l'étuvage à haute température (environ 120° pendant 3 à 15 jours, selon l'épaisseur : le bois est littéralement "cuit"). Entre les deux il y a le séchage sous vide à température moyenne (70°), qui donne des résultats corrects mais demande un matériel coûteux (donc rare) où ne peuvent souvent pas rentrer les grandes longueurs. Restaurer un si beau bateau avec du bois étuvé, c'est prendre le risque de voir les pièces remplacées périr avant les pièces d'origine encore bonnes aujourd'hui...
Pour le chêne pas encore très sec, je ne prendrai pas le risque : le bois, en finissant de sécher, va se rétracter (3 à 12 % en largeur et épaisseur, 0,1 à 0,5 % en longueur), entrainant des déformations. Et la colle est toujours moins efficace sur la sève que sur le bois...
Par ailleurs, ayant passé la moitié de mon enfance sur un ketch Cornu de 16,06 m, je me méfierais des doublages de membrures : c'est lourd, et on passe très vite sous les lignes... (enfin, c'est ce qui était arrivé au beau bateau de mon papa à moi : le compresseur de plongée + les bouteilles + un groupe électrogène + un Zodiac dans le poste arrière = le cul 5 cm trop bas, le nez 10 cm trop haut...). Je ne sais pas si tous les Cornu (ou tous les bateaux ?) sont aussi sensibles, mais je ferais des calculs savants, histoire de me rassurer...
Je vois que tu tiens compte du débit du bois (dosse, faux quartier, plein quartier) : ça fait grand plaisir ! Au moins, il n'y a pas que les fabricants de tonneaux qui y font attention !
En tous cas, bravo pour cette restauration magnifique !
Avec tous mes souhaits de bon courage vers une réussite déjà amplement méritée !
salut francois ! juste un truc pour l'iroko ,c'est un bois très gras !
donc si tu veux le collé a l'époxy il faut dégraisser abondament les surfaces .
pour du lamellé-collé surtout (même si moi je déconseille , je l'ai vu faire dans des chantier renommé ...)
brochetage ,débit, ajustage,rivetage ... Qu'es ce qu'on se marre !
merci à toi, lossamouil (ça me fait toujours marrer ton pseudo ) pour tes encouragements et tes précisions sur le frène. C'est vrai que pour mon tiknot, l'epoxy protège bien les membrures mais j'ai fait les mains courantes de mon aquila en frène et malgré l'epoxy(beurk) les mains courantes noircissent. Sûrement un défaut de mise en oeuvre.
Pour le doublage des membrures, faut pas s'affoler car en fait il n'y en a qu'une dizaine et en plus elles ne seraient doublées une fois sur 50cm de part et d'autre de la "blessure". Au poids, ça ne représente vraiment pas grand chose. Si elles étaient toutes cassées et donc si je devais tout remplacer, ce serait du remplacement un pour un exactement.
Pour le séchage des bois, c'est vraiment stocké à l'air libre (sauf leurs avivés). Je vais leur demander comment ils reçoivent leurs plots mais eux ne font aucun traitement.
Pour le chêne pas sec, j'ai vu le résultat sur les débits que j'ai fait il y a un mois. Ça a travaillé. Donc j'oublie le chêne. Restera à trouver de l'acacia sinon je ferai en chêne sec facile à trouver.
Traoumad, oui, l'iroko est gras. J'ai vu dans un chantier. Je n'envisage pas de lamellé collé et le collage serait au niveau de la serre.
J'attends des infos notamment sur les prix. Mais je vais commencer avec le minimum pour faire des essais.
Je rappelle que l'acacia, pour les membrures, doit être travailler vert. Et il est probablement inutile de faire du lamellé collé : un bon étuvage le fera venir, puis il se bloquera progressivement en séchant.
En effet, dans l'acacia (enfin le robinier), les fibres présentent la propriété de coulisser les unes entre les autres quand il est vert, puis elles se bloquent en séchant.
Modifié en dernier par sly le 24 août 2010 10:03, modifié 1 fois.
Mmmh, tu vois, Tuco, le monde se divise en deux catégories : Ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses... An-y-An-y-An...Ouin, Ouin, Ouin...
Faites sortir les écolos, je sort mes gros sabots
En premier lieu, le principe d'une restauration est d'utiliser les essences d'origine ou des substituts en cohérence avec l'esprit d'origine .
Pour construire beau et durable :
Oublier le sapelli si tu peut avoir du sipo à prix raisonnable .
Préférer du chêne de bonne qualité à l'iroko : tortillard, abrasif et allergène . Mais on trouve en iroko des longueurs et des qualités impossibles à obtenir en chêne .
Pin caroline lourd et cher . Pour du beau boulot le pin d'orégon est parfait et très durable . Eviter les résineux indigènes plus ou moins douteux .
Se méfier des bois séchés artificiellement . Ils n'aiment pas l'humidité !
Réserver le frêne pour la déco .
Se méfier de : l'aubier, les gerces, les contrefils, les noeuds mal placés, ...
Se résigner au gaspillage : 50% de pertes voire plus n'est pas anormal .
l'acacia peu se travailler même sec , vous n'avez jamais fait de membrure
en acacia bouillis !! il perd un quart de sa resistance mais c'est tellement marrant a faire ! il faut une bonne contre forme et c'est partis ,mon formateur de charpente navale nous disait qu'il l'avait fait avec des sections enorme en se servant d'un fenwick pour ployer !!
brochetage ,débit, ajustage,rivetage ... Qu'es ce qu'on se marre !
On peut tout faire, mais traditionnellement, on utilise l'acacia vert...
Mmmh, tu vois, Tuco, le monde se divise en deux catégories : Ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses... An-y-An-y-An...Ouin, Ouin, Ouin...
J'ai de l'accacia sec à vendre (voir troc et vente).
Le séchage du bois est un vaste débat. Mais avant le séchage il ya l'abattage. Que vaut un chêne abattu en montée de sève s'il est séché "naturellement" ? La chaîne logique entre la forêt et l'atelier n'est aujourdh'ui garantie par personne. Les scieries sont incapables de "tracer" les bois et les scieurs abattent à la demande. Le séchage "mécanique" a le grand avantage de mettre tout à zéro en fermant les canaux du bois, sans doute de façon un peu brutale mais bien préférable à un bois abattu toutes veines ouvertes. C'est un peu comme le vin. Personne ne fait du vin "naturel". Trop de risques. Alors on tue le vin avec du SO2 et ensuite on fabrique autre chose. C'est dommage, mais cela garanti un goût standard. C'est pas pour rien que jusqu'à Chaptal et autres chimistes le vin était relevé d'épices et de miel...
Et les charpentes du château de Cahors comme bien d'autres ont été faites en vert. Pas de stock. Le stock a toujours été une immobilisation de capital.
Pour du bois sec naturel il faudrait cerner les arbres début fevrier, les abattre fin novembre, les débiter en mars et attendre si possible en plongeant le tout dans l'eau courrante...
mon dius, fasetz-me la graacia de plan viure a de plan morir
Mmmh, tu vois, Tuco, le monde se divise en deux catégories : Ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses... An-y-An-y-An...Ouin, Ouin, Ouin...
J'ai une barre franche (1.00m) et une bome (3.00m) à faire.
j'ai à ma disposition dans mon gros tas de bois :
hêtre
chêne
ayouss
exotique
pin (sous la pile).
Pour la barre, je pense la faire en exotique ;
Pour le bome, qui doit être construite en 2 morceaux collés à cause de la gorge de la ralingue de la GV, je pensais la faire en ayous avec un insert en exotique. C'est une bome à rouleau qui sera plus souvent à l'abri qu'en nav.
Vous en pensez quoi ?
François
Je cherche une solution pour ne pas aller racheter du bois chez le marchand du coin.