Lundi 1er avril 2013, 4ème et dernier jour de la régate Spi Ouest France.
Rendez vous à 8H30 pour quitter le ponton, repoussé d'une heure pour cause de météo incertaine. Le soleil et le froid sont bien là, eux, mais c'est le vent qui est dans la fourchette haute de l'acceptable. En définitive, seuls les habitables courront ce dernier jour, une seule manche.
Re-sortie du port, on a l'impression de partir pour Troie récupérer Hélène...
Arrivés sur notre rond, nous attendons notre tour. C'est vrai que ça souffle fort, plus que les autres jours.
Voici un départ vu de loin (des First 31 ?) c'est joli...
Enfin c'est notre tour, à nous les Grands Surprise. Bon départ, montée au près le plus lourd possible dans les filières (quelle manière de se déplacer ! le dessous des cuisses bleui par l'angle pont-coque, le ventre scié par la filière inférieure, le torse prisonnier de la filière supérieure, exposé aux vagues scélérates qui remontent dans les bottes et giflent le visage...) la hantise d'envoyer le spi par ce vent assez fort, mais il se gonfle nickel.
1ère descente sous spi à 13 nœuds, éviter de peu un rival qui part au tas juste devant nous (je revois encore le visage de l'équipière à l'arrière repêchée de l'eau par un autre membre de l'équipage de ce bateau) et voici la bouée, pourvu que...
Oui, c'est bon, le spi a été affalé, a été rangé, nous sommes de nouveau dans les filières au près. Dans les 10 premiers, mais où au juste ?
2ème descente sous spi, la dernière avant l'arrivée, nous doublons un bateau sur notre gauche, c'est la joie, quand sans raisons toute la voilure bascule dans la mer...
En fait, il y a bien une petite raison, le mat s'est cassé en deux, sa tête flotte à côté de notre coque, il est retenu par la Grand Voile à mi-hauteur.
Là, on est tous un peu sonnés, on n'a pas répété ce cas de figure jusqu'à présent. Vérification rapide: pas de blessés. On récupère tout ce qui flotte dehors (ORC et spi) qui se déchire impitoyablement sur les filières du bateau.
On essaye de descendre la Grand Voile, mais macache. on fera juste une grosse boule de la voile pour diminuer la prise au vent.
On arrive a ramener le bout du mat à bord
et on démarre le moteur. Heureusement qu'on a mis 10 litres de gasoil dedans ce matin, sinon on aurait du demander un remorquage...
On cause à la VHF pour annoncer notre démâtage. On entend qu'un autre souffre d'une voie d'eau importante, il y a 2 hommes à la mer signalés, c'est l'hécatombe (8 bateaux seulement ont été éliminés, comme quoi...)
Arrivés sur le ponton, tout le monde nous regarde. Z'avez jamais vu un Grand Surprise ?
Et voici la coupable... Une seule poulie de pataras vous manque, et tout est dépeuplé...
Cette petite saloperie à 2 balles a provoqué la rupture du mat, l'arrachage du balcon, la destruction totale de notre spi tout neuf, la fin probable de l'ORC, le déclassement de la GV de "voile régate" en "voile entraînement (après réparations) sans compter notre abandon lors de la dernière manche quand nous étions dans les 10 premiers.
Au classement final global, nous sommes crevés, nos mains sont abîmées et nous sommes 19èmes sur 50.
Le Spi Ouest France, c'est pas de la rigolade.